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http://laproscrite.canalblog.com/archives/2018/10/06/36762286.html

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Samedi dernier, nous avons commencé le cours en se faisant des petits cadeaux... chacun a écrit sur des petits morceaux de papier un "stroke positif" pour 3 de ses camarades et leur a offert... c'était l'occasion d'aborder la question des strokes ou "signes de reconnaissance". Il y a 4 types de stroke : 

  • signe de reconnaissance conditionnel positif > il porte sur quelque chose que l'on a bien fait, il valorise un bon comportement ou un savoir-faire : ex. "tu as bien réussi ton gâteau, il est délicieux".
  • signe de reconnaissance inconditionnel négatif > il porte sur quelque chose que l'on a mal fait et il renseigne sur nos axes d'amélioration, il nous permet de savoir comment nous perfectionner : ex. "que ta chambre est mal rangée !"
  • signe de reconnaissance inconditionnel positif > il porte sur ce que l'on est, nos qualités d'être, notre caractère. Il nourrit notre estime de soi. ex : "tu es tellement intelligent !"
  • signe de reconnaissance inconditionnel négatif > il ne doit pas s'utiliser, c'est une dévalorisation de la personne qui ne fait que baisser son estime de lui, une remarque non constructive car elle n'est basée sur aucun fait concret. ex : "comme tu es laid !"

Nous nous sommes donc échangés des strokes positifs et nous avons pu nous rendre compte qu'il n'était pas forcément si naturel pour certains d'entre nous de complimenter les autres, même si nous avons tous pu constater que cela nous faisait du bien de donner et de recevoir, sans pour autant avoir besoin de raconter n'importe quoi car nous avons tous des qualités et des qualités d'être. Il suffit de regarder pour le voir ! Al hamdu li-Llâh.

Hadith (Sahih Muslim) : "Le Prophète (saws) a dit : "L'homme parfois profère des paroles agréables à Allâh sans y attacher d'importance, Allâh lui destinera le Paradis. Et l'homme parfois prononce des paroles repoussées par Allâh sans y attacher d'importance, et il sera précipité en Enfer, dont la profondeur dépasse la distance entre le Ciel et la Terre."

Allâh Azza wa Jall nous a créé avec des compétences, la capacité d'apprendre et la capacité d'évoluer. À nos besoins fondamentaux (boire, manger, respirer...) s'ajoutent le besoin d'appartenir à un groupe et le besoin d'être reconnu, de se sentir "exister".

Celui qui ne reçoit pas de signe de reconnaissance ne pourra pas se sentir satisfait et deviendra en colère et sera agressif envers les autres. Car l'indifférence est pire que le mécontentement des autres. Pour se construire, un enfant a besoin d'amour et de reconnaissance mais c'est vrai à tous les âges de la vie. Nous aurons l'occasion de revoir cela pendant le cours sur l'estime de soi in cha Allâh.  

Le harcèlement

Dans le cas du harcèlement, la violence répétée va conduire à l'isolement de la victime qui va souffrir autant de cet isolement que des insultes ou des coups qu'il reçoit.

Le harcèlement est défini comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. C'est le fait d'une ou de plusieurs personnes à l'encontre d'une victime qui ne sait pas ou ne peut pas se défendre.

1. La violence est la 1ère caractéristique du harcèlement : elle se traduit par le rapport de force et de domination qui s'installe entre une ou plusieurs personnes et une ou plusieurs victimes.

2. La répétitivité : les agressions se répètent régulièrement sur une longue période.

3. L'isolement de la victime : le plus souvent la victime est une personne plus faible, plus isolée, plus petite et dans l'incapacité de se défendre. Si elle était capable de se défendre ou si elle était forte ou soutenue et entourée, la violence à son encontre ne pourrait pas devenir répétée.

Le harcèlement souligne un "défaut" chez la victime et celle-ci partage et reconnait à tort ou à raison ce défaut. Dans le cas où la victime trouverait l'insulte ridicule et inappropriée, elle ne se sentirait pas harcelée et réagirait par de l'indifférence aux insultes qu'elle reçoit. 

Le harcèlement peut prendre plusieurs formes :

  1. harcèlement moral et cyber-harcélement : moqueries, surnom dégradant, insultes, menaces
  2. harcèlement physique : coups, bousculades, violence physique, etc.
  3. harcèlement d'appropriation : vol d'objet, vol d'argent comme le racket
  4. harcèlement sexuel : lorsqu'une personne cherche à embrasser, toucher, déshabiller une autre, sans son accord, contre sa volonté.

En général, le harceleur agit de manière cachée ou seulement en présence de ceux qui le soutiennent. La personne harcelée a peur, n'ose pas en parler et se sent humiliée, elle a honte.

Le harcèlement a lieu partout : dans la famille, à l'école, au collège, à l'université, au travail, au sport, etc.

Le harcèlement se fonde sur le rejet de la différence et sur la stigmatisation de certaines caractéristiques :

  • apparence physique
  • sexe, identité de genre 
  • handicap (physique, psychique ou mental)
  • trouble de la communication (bégaiement, bredouillement...)
  • appartenance à un groupe (religion, mode de vie, etc.)
  • centres d'intérêts différents

Les conséquences possibles :

  • violences croissante et actes malveillants de part et d'autre
  • la personne harcelée se renferme et s'isole, elle fuit et a peur
  • la perte de confiance dans les autres et en soi
  • des troubles psychologiques
  • la dépression
  • le suicide ou des comportements auto-destructeurs 

Selon l'islam

Le harcèlement est une question de pouvoir. Dans l'islam le pouvoir est une responsabilité valorisée tant qu'elle s'accompagne d'humilité, d'équité et de compétence. Le désir de pouvoir est quant à lui condamné.

Hadiths (Sahih Al Bukhariy) : "Vous désirez ardemment le pouvoir. Ce sera là pourtant une cause de regret le Jour de la Résurrection. Quel heureux début mais quelle terrible fin !"

"Celui qui aime que les serviteurs d'Allâh se lèvent pour lui, qu'il se choisisse une demeure en Enfer !"

Dans la sourate Al-Hujurat (49), Allâh Azza wa Jall alerte le croyant sur plusieurs comportements qui préservent du harcèlement et de ses conséquences :

  • Rester en groupe est interdit quand cette situation nous encourage à avoir de mauvais comportements, quand nos compagnons ne nous encouragent pas au bien. Parler en mal des autres, diffuser des médisances, comme sur les réseaux sociaux, propager des rumeurs... est haram :  " Ô vous qui avez cru, qu'un groupe ne se raille pas d'un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux. Et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles ". (S.49, v.11) - Hadith (Abu Daoud) : "Le Prophète (saws) a dit : La médisance consiste à raconter les défauts de ton compagnon, qu'il répugne. Et si mon frère dit-on possède ces défauts ? Le Prophète (saws) répondit : "Dans ce cas tu auras médit de lui et si il ne les possède pas tu l'auras diffamé". 
  • Allâh nous a interdit les insultes et les surnoms injurieux : " Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des surnoms (injurieux). " (S.49, v.11)
  • Allâh nous invite à avoir un comportement humble et à nous respecter les uns les autres car le seul critère de comparaison valable entre les hommes est la piété : " O hommes, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus Noble d'entre vous auprès d'Allâh est le plus pieux. Allâh est certes Omniscient et Grand Connaisseur " (S.49, v.13).

Que faire contre le harcèlement ?

Un croyant ne devient pas un harceleur. Il doit faire ce qu'il faut pour ne pas se retrouver dans cette situation : éviter de traîner en groupe s'il risque de se faire influencer, lutter contre ses mauvais penchants et s'exercer en général à voir le bien chez les autres.

Si on est harcelé, on "réagit", si c'est possible : on se défend, on prend du recul, on pratique l'auto-dérision. Mais si c'est trop compliqué, si nous sommes en danger, alors on en parle et on demande de l'aide. Ce n'est pas le harcelé qui est "anormal" et qui doit avoir honte, c'est le "harceleur" qui a un mauvais comportement et qui devrait avoir honte.

Si on est témoin du harcèlement on doit intervenir, sinon on devient complice. 

Le croyant a une responsabilité. Hadith (Sahih Muslim) : "Celui parmi vous qui voit un mal doit le modifier par sa main, s'il ne peut pas, alors par sa langue, et s'il ne peut pas, alors par son coeur. Et c'est là le plus faible de la foi." Commander le convenable (al Ma'ruf) et interdir le blamable (al Munkar) est un principe fondamental. Si on a peur d'intervenir on doit soutenir le harcelé, le réconforter, le rassurer et l'encourager à parler. 

Et ceci même si le "harcelé" nous semble mériter la dérision ou la violence qu'il subit, car l'injustice qu'il subit est inacceptable. Si on n'agit pas justement avec cette personne on ne lui laisse aucune chance de se repentir ou de revenir à Allâh.

Hadith (Sahih Al Bukhariy) : "Le Prophète (saws) a dit : "Il faut secourir ton frère qu'il soit injuste ou opprimé". On lui demanda : "O Messager d'Allâh, si on apporte l'aide à l'opprimé, comment doit on le secourir s'il est injuste ? Le Prophète (saws) répondit : "Tu l'empèches d'exercer l'injustice, tel est son secours"."

"Le Prophète (saws) a dit : Les hommes équitables seront au jour de la résurrection sur des chaires de Lumière devant le Miséricordieux (à Lui la puissance et la Gloire) en récompense de leur justice dans le bas-monde".

Tag(s) : #Adolescents

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