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L’empire Abbasside : art, agriculture, commerce et architecture

L'ART, L'AGRICULTURE ET LE COMMERCE

Art, Culture, sciences

Influencé par l'art perse, l'art islamique développé par les Omeyyades et les Abbassides : ses coupoles et ses ornements de stuc sculptés, ses lustres métalliques, ses faïences.

C'est au niveau culturel et scientifique que la civilisation islamique s'est distinguée avec la création de Dar As-Salam (la Maison de la Sagesse) en 830 après.J-C. et l'encouragement des sciences : astronomie, médecine, biologie, physique, mathématiques, philosophie et littérature.

Les Califes Abbassides encouragent l'échange des idées entre des savants ou des penseurs venant du monde entier, ce qui permet le transfert de savoir-faires tels que la fabrication du papier et le développement des manuscrits, la création de bibliothèques et l'exportation des savoirs.

Les artisans fabriquent des objets dans des matières précieuses (or argent, cuivre, ivoire) ou encore des céramiques peintes. Un art particulier se distingue dans les manuscrits comme dans les inscriptions : la calligraphie.

Agriculture, ressources naturelles et commerce

L'Empire est immense. On y trouve du coup une très grande variété de plantes, de fruits et de céréales, des épices, et des ressources naturelles de tout type (bois précieux, or, argent, etc.)

Avec l'Inde et la Chine s'échangent des épices, des aromates, du bois précieux.

Depuis l'Europe et l'Empire byzantin chrétien s'échangent de la vaisselle en or et en argent, des pièces d'or, mais aussi des compétences : ingénieurs hydrauliques, esclaves.

Avec la Russie et le Nord se développe le commerce des fourrures, de peaux et de l'ambre.

Avec l'Afrique s'échange l'or et les esclaves. Le commerce avec l'Europe occidentale s'effectue par l'intermédiaire de marchands juifs qui servent d'agents de liaison entre deux mondes hostiles.

Se développe à cette époque un système bancaire élaboré, tenu par les juifs et les chrétiens, avec  un système de prêts, de chèques et de lettres de crédits.

L'ARCHITECTURE

Fondée en 762 par le Calife Al-Mansur, Bagdad est bâtie selon un plan géométrique : « ville ronde » et connaît une grande extension ensuite comme capitale de l’empire.

Le plan urbanistique de Bagdad (capitale fondée en 762, achevée en 766) est copié sur celui des villes sassanides : son fondateur, Abu Djafar al-Mansur, inscrit la ville dans une enceinte circulaire garnie de tours cylindriques et percée de quatre portes ; il place en son milieu le palais impérial et la Grande Mosquée. Il ne reste de cette première ville que des témoignages littéraires.

Elle remplit trois fonctions principales :

- centre politique : palais où résident le calife et le gouvernement

- centre religieux : grandes mosquées et universités religieuses (madrasas)

- centre commercial : souks (marchés couverts où les boutiques sont regroupées par spécialité).

Elle compte un million d’habitants au IXe siècle et est alors la ville la plus peuplée du monde

L’architecture des mosquées se développe avec l’usage des voûtes et des ornements sculptés.Un sage parmi les chrétiens attira l’attention du khalife sur l’excellence de l’emplacement de Bagdad en lui disant : « Emir des Croyants, tu te trouveras au nord du Sarât entre le Tigre et l’Euphrate. Si un ennemi vient te faire la guerre, ces deux fleuves serviront de fossés à la ville. En outre, les provisions te viendront par le Tigre, soit du Diyâr-Bakr, soit de la mer, de l’Inde, de la Chine et de Basra (Bassora) et par l’Euphrate, de Raqqa  et de la Syrie. Elles t’arriveront aussi du Khorasan et des contrées de la Perse, par la rivière de Tâmarrâ. Toi-même, Emir des Croyants, tu résideras entre deux fleuves, de sorte que tes ennemis ne pourront arriver jusqu’à toi qu’en passant un pont de bois ou de pierre ; en coupant le pont de bois ou en démolissant le pont de pierre, ton ennemi ne pourra plus t’approcher. Tu te trouveras placé au milieu, entre Basra, Koûfa, Wâsit, Mausil (Mossoul) et le Sawâd également proche du continent, de la mer et des montagnes. »

Selon les sources de l’époque, sa construction aurait nécessité le concours de 100 000 ouvriers et duré quatre ans.

 

Sources : images : http://www.lhistoire.fr/portfolio/carte-lempire-abbasside-et-ses-rivaux - http://www.bbc.co.uk/news/science-environment-17160660 / informations : 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/groupe-personnage/Abbassides/103716 - http://www.cosmovisions.com/Abbassides.htm - https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_abbasside

Bagdad à sa fondation

Bagdad à sa fondation

Bagdad au XIIe siècle : une ville prospère

« La ville s’étend sur les rives du Tigre à l’est et à l’ouest. Sur la rive occidentale, elle est entièrement en ruine. C’était la partie de la cité peuplée en premier. Sur la rive orientale, les constructions sont récentes. Néanmoins, Bagdad comporte dix-sept quartiers en dépit des ruines : chaque quartier est une ville isolée où se trouvent deux ou trois bains, et dans huit quartiers se dressent des mosquées où est célébrée la prière du vendredi. [...] D’ordinaire, il y a deux ponts sur le Tigre : l’un près des palais califiens et l’autre en amont. La traversée du fleuve est continuelle à cause du nombre de gens qui veulent le franchir. [...] Entre [le quartier d’] ash-Shâri et le quartier de Bâb al-Basra se trouve la marché de l’hôpital, petite ville qui renferme l’hôpital célèbre de Bagdad qui se trouve sur la rive du Tigre. Les médecins y donnent des consultations tous les lundis et jeudis : ils examinent les malades et leur prescrivent le traitement approprié. Ils ont sous leurs ordres des aides qui sont chargés de préparer les remèdes et les régimes. L’hôpital se présente comme un grand palais qui comporte des salles et des appartements avec toutes les commodités des logis princiers. L’eau provient du Tigre.

Il serait trop long de donner tous les noms des quartiers de Bagdad, toutefois citons al-Wasîtiyya entre le Tigre et un bras de l’Euphrate qui se jette dans le Tigre. On y apporte tous les produits des régions arrosées par l’Euphrate. [...] Citons encore les quartiers suivants : al-’Attabiyya où l’on fabrique les étoffes du même nom qui sont en soie et coton de différentes couleurs [...]

Sur la rive occidentale se trouvent des vergers et des jardins d’où sont exportés les fruits vers la rive orientale. Celle-ci est actuellement la résidence du calife, ce qui suffit à son honneur et à sa gloire. Les palais califiens se trouvent à l’extrémité de la ville orientale dont ils occupent le quart ou davantage, car tous les Abbassides vivent retirés dans ces palais, n’en sortent pas et jouissent de pensions considérables. [...]

La rive est de Bagdad possède des marchés importants fréquentés par une foule innombrable dont Dieu, très-haut, seul connaît le nombre. [...]

Dans la ville les bains sont innombrables. Un cheikh nous a dit qu’ils sont environ 2000 sur les deux rives. La plupart sont enduits, murs et plafonds, de bitume qu’on prendrait pour du marbre noir poli [...].

Les mosquées secondaires sur les rives Est et Ouest ne sauraient être évaluées et comment seraient-elles dénombrées ? On y compte envirn trente madrasas toutes sur la rive est et toutes aussi belles que de superbes palais. [...] Ces madrasas bénéficient de legs pieux importants et d’immeubles de mainmorte dont jouissent les juristes qui y professent et avec lesquels sont entretenus les étudiants. Les madrasas et les hôpitaux de cette ville ont acquis un grand honneur et une gloire durable.»

Ibn Jubayr, Relation de voyage, dans Voyageurs arabes, Paris, Gallimard, coll. La Pléiade, 1995.

Ibn Jubayr (1144 ou 1145-1217) est un Arabe originaire d’Andalousie (Espagne). Homme pieux et instruit, secrétaire du gouverneur de Grenade, il entreprend le pèlerinage à La Mecque. et a laissé un récit de son voyage, qui l’a mené à travers l’Égypte, l’Irak, la Perse, le Royaume franc et la Sicile.

Tag(s) : #Religion & Civilisation

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